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40 Messages : Hommage à Chohreh

Ma très chère Chohreh,

 

Quarante c'est le nombre des Rois,

Celui de Saül et de David.

Quarante jours de déluge.

Quarante jours au mont Sinaï.

Quarante jours de pluie punissent l'humanité.

Quarante ans de désert et d'errance.

C'est dit on le nombre de l'attente, de l'épreuve ou du châtiment.

C'est la fin d'un cycle, une renaissance.

C'est Bouddha ou le prophète, qui à l'âge de quarante ans commencèrent leur premier prédicat.

Quarante c'est le temps des "relevailles" :

"Maintenant je te quitte".

Quarante sans être l'âge ni d'un roi ni d'un prophète,

Sans être l'Histoire du salut de l'humanité.

C'est aussi sans le vouloir l'âge où "ma très chère Choreh" vous nous avez quitté.

Quarante est un chiffre du monde perdu comme une étoile dans le firmament.

C'est 1+1+1+1+1.........répété quarante fois.

C'est 20+20, la soustraction de 80-40, ou la division de quatre vingt par deux.

Quarante n'est que l'infime, infime maillon de la chaîne infinie des nombres, infinis résultats, infini.......

C'est une idée qui compte, qui classe parmi des milliers d'autres opérations sans début, sans fin.

"Quarante espèces, quarante arbres, quarante larmes, quarante flacons, quarante graines, quarante......"

C'est un nombre vague entre zéro et l'éternité, entre ce printemps 91, et cet hiver, date encore incertaine d'un soir ou d'un petit matin de février 96.

Quatre dizaines ont signés votre âge de leur gravité cardinale mesurant ainsi l'espace et le temps qu'il vous était donné.

Mais de quatre et de zéro ne reste ici plus que ce dernier.

Zéro qui n'est rien et qui peut tout, oscille entre deux mondes opposés.

Entre le plus et le moins, "0" ordonne, annule en sa présence, et tout est à recommencer.

Placé devant il est ce million insignifiant, placé derrière, il est ces milliards qui prétendent à l'infini.

"Combien de grains de sable contient l'Univers" ?

Je compte : "7 manuscrits, 18 marches, 298.00000 mots, 70 langues, 42630 pas, 70 galets, 70 anges...." derrière la grande liste j'ai aujourd'hui imaginé les nombres comme des symboles, des êtres vivants, des souvenirs comme des pierres, ou à l'ombre de leur dos sommeillent des âmes endormies.

Dans ce désert abyssal, dans ce silence numérique, je pense à vous.

 

Nadine Cabessa, mars 1997

En hommage à mon amie Chohreh Feyzdjou

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